Définition et histoire de la toiture en zinc

La toiture en zinc est constituée de plaques qui sont jointes les unes aux autres pour réaliser la couverture, à l’aide de joint debout ou sur des tasseaux. Le zinc s’identifie d’ailleurs par son aspect de type métal blanc (ou également nommé « faux-argent »). On retrouve de plus en plus de toitures en zinc, mais pour cela, les plaques de zinc doivent être traitées par galvanisation pour éviter qu’elles ne s’oxydent.

Tandis que le zinc retrouve ses titres de noblesse en couverture, il faut savoir que c’est un matériau qui a été beaucoup utilisé pour moderniser la ville de Paris au 19e siècle. À cette époque, le baron Haussmann avait choisi de privilégier le zinc pour l’intégrer sur les toits parisiens, ce qui donne d’ailleurs naissance au style haussmanien des immeubles de la capitale. C’est pourquoi on en retrouve beaucoup à Paris, soit dans plus de la moitié des bâtiments locaux. Alors que le zinc apporte un design traditionnel, il se marie très bien avec un style contemporain. Ainsi, on aperçoit facilement des toitures en zinc dans les grandes villes et particulièrement les grands édifices, les gares et les grands immeubles.

Les avantages de la toiture en zinc

Si plusieurs architectes privilégient une toiture en zinc, c’est parce qu’elle détient de nombreux avantages par rapport au bac acier et aux autres matériaux.

Design et forme personnalisable

Tout d’abord, le zinc est un matériau prisé pour sa forte maniabilité et son bel aspect bleuté. Il est plus facile à travailler que l’acier, ce qui permet de sculpter des formes originales et d’ajouter des finitions minutieuses et soignées sur des bâtiments. C’est un matériau qui répond parfaitement à des demandes artistiques et complexes qui se veulent abouties en toiture.

Ainsi, il n’est pas rare de voir de vraies œuvres artistiques sur une toiture en zinc, jusqu’au travail des gouttières et du faîtage. Et contrairement aux autres matériaux qui nécessitent l’utilisation de machines pour personnaliser les formes, le zinc peut se déformer à l’aide de simples outils manuels.

Bonne étanchéité

De par sa pose sur des voliges en toiture, le zinc étouffe légèrement mieux le bruit que l’acier. Mais cela n’est pas suffisant pour traiter le bruit de la pluie et de la grêle sur une toiture en zinc. Autrement, le zinc est un matériau qui propose une excellente étanchéité, dès lors que l’installation globale et la pose des joints soient faite dans les règles de l’art.

Qu’il y ait de fortes pluies ou des épisodes de grêle, un revêtement en zinc est très résistant et fait d’ailleurs partie des matériaux de toiture les plus robustes, face aux intempéries. Il n’est pas non plus sujet à l’apparition de mousse ni de champignons. Cette capacité de résistance face aux aléas de l’environnement permet à la toiture en zinc de bénéficier d’une longue durée de vie, jusqu’à 110 ans.

Facilité d’entretien

Grâce à une bonne capacité de résistance face aux aléas climatiques, l’entretien d’une toiture en zinc reste accessible. D’autant plus que le zinc a l’avantage d’être moins sensible à la rouille, contrairement à l’acier. En principe, un simple nettoyage à l’eau savonneuse, à des cristaux de soude ou à du bicarbonate suffit. Il est possible aussi de recourir à des produits nettoyant spécial argenterie pour entretenir la brillance d’une toiture en zinc. Enfin, il faut surtout vérifier par moment l’absence de rugosité, car c’est le principal indicateur de l’usure des plaques de zinc.

Les inconvénients d’une toiture en zinc

Incompatibilité avec certains matériaux

Il faut noter que le zinc n’est pas compatible avec certains matériaux pour des motifs de durabilité, comme le cuivre, le béton ou le plâtre. Si on installe une toiture en zinc au contact de ces matériaux, cela va dégrader le zinc et accélérer le phénomène de corrosion. Dans le cas où l’on souhaite associer ces revêtements pour des questions de design, il faut impérativement insérer une matière naturelle entre les deux matériaux incompatibles (telle qu’un support en natte structurée avec film et bande acrylique autocollante). Enfin, l’intégration de panneaux photovoltaïques sur une couverture zinc s’avère complexe, puisque cette manœuvre risque de détériorer la toiture et de nuire à son étanchéité.

Forte sensibilité à l’humidité

Si le zinc est en contact prolongé avec de l’humidité, celui-ci se détériore rapidement. Dans l’installation d’une toiture froide (c’est-à-dire avec l’isolant positionné sous le support de la toiture), il faut alors déposer une lame d’air sous les plaques de zinc, de sorte à bien évacuer l’humidité qui s’y est accumulée. Et dans le cas d’une toiture chaude (avec l’isolant déposé sur le support), on n’insère aucune lame d’air. On va plutôt déposer directement un traitement anticorrosion sur la surface en zinc.

Très bruyant en cas d’intempéries

Bien que des plaques de zinc génèrent un peu moins de bruit que le bac acier, parce qu’elles se positionnent sur des voliges, l’impact de la pluie et de la neige sur le bâtiment provoque des bruits qui restent assez sonores et qui nuisent au confort des locaux. Il faut donc envisager un système d’isolation acoustique et thermique si l’on envisage de poser une toiture en zinc.

Sensibilité à la chaleur

Une période de forte chaleur peut entraîner la dilatation du zinc, malgré la robustesse de ce matériau. Ce phénomène génère des bruits désagréables. Mais cela ne détériore pas l’étanchéité de la toiture.

Sensibilité aux UV

Alors qu’une toiture en zinc revêt de tout son éclat juste après les travaux de couverture, elle peut perdre de sa brillance et ternir avec le temps, sous l’action des rayons UV du soleil et des intempéries.

L’étanchéité d’une toiture zinc

La ventilation d’un toit en zinc est essentielle pour éviter que la condensation ne se forme sous la couverture.

La couverture froide ventilée en toiture zinc

La toiture froide correspond au positionnement de l’isolant sous le support. C’est la technique de ventilation la plus recommandée. Pour lutter contre la condensation, il faut obligatoirement conserver une lame d’air ventilée entre la matière isolante et le support de la toiture (soit les voliges qui supportent les plaques de zinc). Cette lame d’air permet à l’humidité de s’évacuer naturellement. Mais pour une ventilation efficace, il faut aménager une entrée d’air au niveau de l’égout ainsi qu’une sortie d’air au niveau du faîtage. Il est aussi recommandé d’installer une membrane d’étanchéité à l’air (comme un pare-vapeur). Toutefois, ce traitement anti-condensation n’est valable que pour des bâtiments à faible ou moyenne hygrométrie. Car si l’hygrométrie est élevée, il est préférable d’opter pour un autre matériau de toiture.

La couverture chaude non ventilée en toiture zinc

La toiture chaude non ventilée est une technique d’isolation qui ne comprend pas de lame d’air. On insère à la place une membrane pare-vapeur qui s’adapte au zinc. Mais cette technique n’est pas compatible avec tous les types de zinc. Elle est donc à éviter au maximum ou du moins, il faut impérativement avoir l’avis d’un spécialiste avant de se lancer dans les travaux.

Les techniques de pose et les finitions d’une toiture en zinc

Toiture en zinc à joint debout

Le système à joint debout est la pose de toiture zinc la plus utilisée aujourd’hui. Elle est particulièrement adaptée aux pentes de toit inclinées (à partir de 3°) ou arrondies et offre un résultat esthétique grâce à de fines lignes élégantes. C’est une solution d’installation où les plaques de zinc se chevauchent sur les bords, avec une fixation discrète sur le support à l’aide de clips. Non seulement la pose à joint debout s’adapte à tous les styles de bâtiments et à toutes les formes architecturales, mais elle offre aussi une installation rapide et facile. Ce type de couverture bénéficie aussi d’une parfaite étanchéité du fait d’un double sertissage sur les reliefs longitudinaux. Elle dispose aussi d’une résistance élevée face au vent, ce qui lui procure une excellente durabilité

Zinc en ardoises ou en bardeaux

Cette couverture se caractérise par des feuilles de zinc laminées et conçues de façon industrielle ou artisanale, pour donner un bel aspect en écailles ou en mosaïques. On les fixe directement sur un support en bois. Les types de pose sont multiples (horizontale, verticale, diagonale) et offrent de nombreuses possibilités de résultats, pour un cachet unique. La pose en bardeaux convient parfaitement aux couvertures de forme complexe comme les dômes, les tours et les toits mansardés.

Toiture en zinc sur tasseaux

Cette solution de pose pour couverture zinc est certainement la plus ancienne. C’est d’ailleurs la technique qui précède celle en joint debout. Elle s’adapte notamment aux pentes de toit avec une faible inclinaison. Cette pose se caractérise par des plaques de zinc qui sont fixées sur des tasseaux rectangulaires ou trapézoïdaux en bois. Ces tasseaux sont posés sur des voliges, avec lesquels il faut aussi prévoir un couvre-joint. Ce système de pose est facilement démontable et bénéficie de peu d’entretien. Par contre, il est plus sensible aux infiltrations d’eau à cause de la présence de bois.

Plateforme en zinc

La pose soudo-brasée en zinc s’adapte aux toitures planes, ou dont la pente varie de 0,5° à 3°. C’est une technique de pose en toiture qui propose un design plus esthétique et raffiné que les autres toitures plates. Elle constitue ainsi une bonne alternative aux solutions en bitume/roofing ou en EPDM. La pose se caractérise par des petites tôles de zinc qui sont soudées les unes aux autres. Mais il faut toutefois prévoir assez d’espace pour les phénomènes de contraction et de dilatation du métal, causés par les changements de température.

Avec une couverture zinc, vous disposez de plusieurs finitions possibles. Le zinc naturel se reconnaît par sa couleur grise, et son rendu brossé original. Le zinc prépatiné offre un résultat plus vieilli, avec des nuances grisâtres, verdâtres ou rougeâtres. Le résultat s’obtient à partir d’un traitement chimique. Le zinc laqué propose un design très lisse et brillant. Quant au zinc pigmenté, il permet d’obtenir un résultat très brossé sous diverses nuances de couleurs possibles.